citoyen libanais

11 juin 2017

Paris, mai 2017.

Rue Pajol

L’exposition concomitante au Louvre de Vermeer et de Valentin de Boulogne. Ces deux peintres ont fait voir le seizième siècle. Le premier, Hollandais, peint des scènes d’intérieur, des femmes à l’ouvrage, des visites galantes, des paysages d’eau et des villes indolentes. Lumière et soucis du détail, rehaussent l’impression des sujets apaisés, vaquant à la vie doucement sur un tapis de murmure.

Le second, Français décédé à Rome, reproduit des scènes de luttes, des soldats énervés, des Dieux furieux et des martyrs. Les visages sont à la peine ou irrités, l’épée toujours tirée. La couleur y est haute, criante, sanguine. Le trait est épais, celui d’une humanité rageuse, telle la colère des Héros de l’antiquité, qui sabraient à tout va pour seulement exister.

Le nord et le sud de l’Europe. Le schéma s’est perpétué. Au nord, l’évolution continue depuis les Lumières dans la mesure et le respect. Au sud la réaction identitaire répond à l’immobilisme irresponsable. Le Sud est peut-être enfin en marche, sans la rage de Saint-Just ou le dédain de Joseph de Maistre.

Rue Pajol. Un abrégé de l’échec humain. Policiers et migrants se toisent. J’y ai vu des femmes, même une le ventre en l’air, sans doute pas la nuit. Dans un café il ne suffisait pas d’être seulement un homme, mais aussi avoir du bras et un cœur haut perché. Dans la rue, des hommes dont la terre est l’exile permanent, suspendus un instant dans un espace qui ne leur signifie rien. On leur reproche à raison une incivilité inacceptable. Soupçonnent-ils mêmes ce que veut dire et apporte la civilité ? Des policiers qu’on envoie au charbon de la répression, parce que les politiciens ne savent plus prévenir. L’égoïsme et la paresse ont acculé migrants et policier à une guerre ou il n’y a que des perdants.

Eugène Atget (1), au tournant des dix-neuvième et vingtième siècle, a fixé sur du papier argentique les rues de Paris. Dans le Marais, des hôtels particuliers ouverts à tout vent abritant des chapeliers, des verreries et des charbonniers derrières des façades encrassées. Aujourd’hui dans un des plus beaux hôtels, une grande marque, en le restaurant parfaitement, s’y est installée, s’appropriant une particule. Mais on ne dépasse plus la première cour ou un vigile-laquais ne sourit pas. N’y-a-t’il pas de solution médiane, un passage pour le commun respectueux ?

Au grand palais, à l’exposition « Jardins » est montré un manuel de Jacques Boyceau de La Barauderie « Traité de jardinage selon les raisons de la nature et de l’art divisé en trois livres-1638 ». Déjà, au dix-septième siècle nous savions donc que la nature avait une raison, et possédions l’art de l’apprivoiser et de la respecter. Pour certains aujourd’hui, tel Donald Trump et ses sectaires, il faut encore l’épuiser et ignorer ses mécanismes. La nature a une raison, eux n’en possèdent pas, ou comme dit Descartes « Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien ».

 

Amine Issa

11/06/2017

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19 mai 2017

Emmanuel Macron, la politique autrement.

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L’élection d’Emmanuel Macron est la concrétisation d’une nouvelle forme de gouvernance dans les démocraties occidentales.

Suite à la chute de l’URSS, à l’échec dévastateur du néo-libéralisme économique initié au début des années 1980, à la mondialisation accélérée et à la révolution digitale, de nombreux défis se sont posés. La disparition de l’idéologie communiste, à laquelle plus personne ne croyait, ne fut pas remplacée par un récit humaniste qui aurait pu redonner un sens à l’action politique, confinée désormais à une gestion administrative des Etats et des économies. Le désastre de la crise de 2008, imputable au néolibéralisme qui instaura l’avidité comme seul valeur du comportement économique, a déteint négativement sur le libéralisme, seul véritable système créateur de richesses devant être équitablement distribuées entre les entrepreneurs et les moins prospères. La mondialisation, qui n’a pas voulût prendre en ligne de compte les rythmes différents d’adaptation à ce bouleversement, s’est transformée pour les perdants et les déstabilisés en un cauchemar. La révolution digitale a brisé des frontières et permi des rapprochements impensables jusque-là, facilitant la vie à des centaines de millions de personnes. Mais elle a, par contre, tant l’individualisme avait au préalable atteint un très haut degré, augmenté l’isolement physique et le contact dématérialisé, au détriment de la solidarité.

A tous ces problèmes, les élites politiques n’ont pas su répondre. Les partis traditionnels, avec leur ligne de fracture gauche-droite, finissaient par se confondre dans leurs inefficacité. Parallèlement à leur déclin, se sont renforcés ou ont surgi les populistes qui répercutent certes le malaise général, mais qui n’offrent aucun programme crédible. En Espagne, Podémos a obtenu la gestion de villes qu’il a mené à la faillite ; en Italie le mouvement Cinq Etoiles, qui présente les traits d’une secte, a réussi à faire élire l’une des siennes maire de Rome, dont la principale réalisation est d’être l’édile la plus critiquée de l’histoire du pays. Donald Trump, en cent jours de pouvoir, a amassé des avanies, effectué des reculades, atteint une impopularité qu’aucun de ses prédécesseurs n’a jamais approché.

Le mouvement En Marche, lui, s’est distingué en proposant des solutions, et non des idées à partir de positions idéologiques. Car, sur les questions de fond il n’existe plus de véritables désaccords. Plus personne ne remet en question la démocratie, la liberté et les droits de l’Homme. La gauche n’a plus l’exclusivité de la justice sociale et la droite, celle du libéralisme économique. La gauche et la droite ne se disputaient plus que sur des mesures ponctuelles et opportunistes, qui augmentaient la chance de l’un ou de l’autre d’accéder au pouvoir, sans prendre à bras le corps l’ensemble des défis. Conscients que leurs différences de principes s’effacent, ils ont malgré cela continué de pratiquer l‘obstruction chaque fois qu’ils étaient dans l’opposition. Les votes unanimes sur quelques lois tellement évidentes, sont les exceptions qui confirment la loi de leurs raidissements de posture partisane. Cela les a discrédités et leur a fait perdre les élections. Leur mépris pour l’intelligence des électeurs les a disqualifiés.

On a reproché au programme d’En Marche d’être flou ou ambigu. Il est en fait consensuel, sans inhibition de principe, non définitif parce que plus personne ne peut prétendre apporter ou connaître de façon certaine quelles sont les meilleurs solutions. Par la composition de son premier gouvernement, Emmanuel Macron indique que les politiques sans les compétences de la société civile, qui n’y fait pas cette fois  uniquement de la figuration, ne peuvent réussir.

Amine Issa

19/05/2017 

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07 mai 2017

جبران باسيل والمخلّص

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من دون أدني شك، السيد حسن نصر الله يتمتع كزعيم، بأعلى نسبة من الجاذبية في لبنان والاكثر اطاعة من قبل انصاره. فكلامه لا يناقش ولا يشك فيه. ويقدم حزب الله نفسه كحزب سياسي بخلفية عقائدية ودينية تفرض، الولاء المطلق لوكيل ولي الفقيه. ولم نلاحظ ولا في اي لحظة او حتى بإشارة غير مباشرة ان لمح بها السيد نصر الله على انه القائم او حتى نائب المهدي.

دخل السيد جبران باسيل بلدة البترون في يوم الشعانين على ظهر حمار، كما دخل السيد المسيح الى القدس. طبعا لا نتهم السيد باسيل انه يحل بدلا من السيد المسيح، ما عاذ الله! لكن ربما حذوا به وبتعاليمه. دخل المخلص القدس ممتطيا حمار، وليس جوادا بسرج من الحرير ومزين برشمة من الفضة، ايمانا منه بالزهد في الدنيا والتخلي عن كل ما هو مادي من اجل الفقراء. هل هذا هو ايمان وسلوك السيد باسيل؟ المسيح كان يمسك بيده غصن من الزيتون واما باسيل فممسكا لعصا. عصن الزيتون هو رمز السلام، فإلى ما تشير عصا السيد باسيل؟ هل هي للتحكم بالعباد؟ او ربما هي كعصا موسى التي شق بها البحر ليخلص بها شعبه من اضطهاد فرعون.  لعله يعدنا بمعجزة كهذه!

لماذا هذا التشبه بالأنبياء والرسل؟ هل يحاول السيد باسيل دخول البترون الشرعية الالهية بعدما حجبت عنه الشرعية الشعبية في دورتين انتخابيتين؟ والاكثر مؤسف في هذا المشهد الغير مألوف، هو تصفيق محاذيه، ما يعتبر تبريرا بل قبولا بزج السيد المسيح على خشبة المسرح السياسي، وهو الذي قال: " اعطوا ما لقيصر لقيصر وما لله لله." 

فليتفكروا بقول بولس الرسول: " فاثبتوا إذا في الحرية التي قد حررنا المسيح بها، ولا ترتقبوا ايضا بنير عبودية."

 

امين عيسى

 

2017/5/7

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22 avril 2017

Pourquoi Emmanuel Macron sera élu

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Si la révolte pouvait fonder une philosophie, ce serait une philosophie des limites, de l’ignorance calculée et du risque. Celui qui ne peut tout savoir, ne peut tout tuer.

Albert Camus

 

L’élection présidentielle devrait amener en France la première véritable rupture depuis 1981. Pour la dernière décennie, il est très difficile de repérer une véritable alternance. Comme partout en occident, les Français ont compris la nécessité de réagir. Ils le font sur deux modes. Le premier, est le repli national, le protectionnisme économique et le réenracinement culturel. Cette posture avant les primaires était à des degrés divers celles de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, chacun selon un crédo particulier. Leurs discours trouvaient écho pour le FN, chez les premières victimes de la crise, les chômeurs, les plus pauvres, les moins instruits, exclusivement « petits blancs » déclassés, mais également chez les ultraconservateurs catholiques ou laïques. Pour La France Insoumise, également les « petits blancs », mais aussi les immigrés stigmatisés par la parenté généralement subie avec le terrorisme islamique. C’est à la veille du premier tour, en gros quarante pour cent de l’électorat, encore moins à la veille des primaires.

Le second, celui des deux grands partis, les Républicains et le PS, ainsi qu’Emmanuel Macron qui tentaient une autre approche. Celle de reconnaître que le monde est devenu tellement complexe qu’il n’existe pas de solution miracle. Le changement nécessaire, s’il prend en compte le défi d’une France à la traîne mais gorgée d’atouts, de la souffrance des Français à cause d’une économie en panne, des risques du terrorisme et du communautarisme, doit se faire dans la douleur, mais graduellement. Il doit se faire selon la technique du « essai et erreur » (Trial and error) pour permettre une rectification de la feuille de route, chemin faisant. Certes, il y a urgence, mais il ne faut pas s’y résoudre au risque d’hypothéquer irrémédiablement l’avenir par des mesures lourdes. Edgar Morin critiquait à juste titre « l'obligation de sacrifier l'essentiel pour l'urgent, ce qui aboutit à oublier l'urgence de l'essentiel ». Pour Les Républicains et le PS, ceux qui partageaient cette approche étaient Manuel Vals et Alain Juppé, que les sondages donnaient gagnants aux primaires de leur parti. Mais la mécanique des partis, des élections internes, l’absentéisme de leurs partisans à rebours de l’activisme de leurs adversaires, les a exclus au profit de candidats à leur gauche ou à leur droite selon le cas. Quelles que soient les divergences de mesures que proposait le trio susmentionné, il s’entendait sur l’essentiel. Le monde et la France ont changé, les problèmes sont ce qu’ils sont, personne ne les ignore et si aucun n’a toutes les solutions, elles existent. Il faudra les imaginer et les essayer.

Au lendemain des primaires, il était évident qu’Emmanuel Macron ne récolterait pas immédiatement les déçus chez les Républicains et le PS. L’atavisme partisan est tenace. Mais il se délite. Les partisans de François Fillon qui ont perdu toute inhibition républicaine et humaniste, sont tentés de voter pour Marine Le Pen. Ceux de Benoit Hamon, les gauchistes utopiques lui préfèrent le tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon qui leur promet « sous les pavés, la plage ». Mais d’autres pourraient se reporter sur Emmanuel Macron, qui entre temps battit sa stature et son discours. A la prégnance dans l’esprit des Français qu’il n’y a que la gauche et la droite, il répète inlassablement que ce n’est pas vrai, qu’il n’est pas un personnage hybride. Il le symbolise par son adoubement par François Bayrou, remercie froidement Emmanuel Vals de son soutient. Mais il accepte avec enthousiasme celui de Jean-Yves Le Drian, un homme irréprochable et un ministre compétent qui lui donne une épaisseur régalienne et sécuritaire. Le ralliement de Dominique De Villepin est celui d’un ministre qui en 2003, à la tribune de l’ONU, a rappelé avec brio au monde tétanisé par l’agressivité américaine, que la France était encore une nation souveraine qui ne céderait pas aux injonctions à bafouer le droit international. Le passage d’Emmanuel Macron dans la banque privée est peut-être ce qui lui ouvert les yeux sur les effets désastreux d’une finance débridée, qui a creusé les inégalités, mis en faillite des millions de foyers et a créé des richesses virtuelles. En même temps, ministre de l’économie il défendait avec lucidité et au péril de l’impopularité, la loi du travail de Myriam El Khomri, convaincu de la nécessité de l’assouplissement des réglementations pour encourager l’embauche afin de relancer la production en panne.

En fin de compte, soixante à soixante-dix pour cent des Français au moment de voter, se rappelleront qu’Emmanuel Macron est celui qui représente le plus leurs dispositions à la veille des primaires. J’en ose le pari.

Amine Issa

22/04/2017

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09 avril 2017

Loi électorale, entre le bon grain et l’ivraie

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A quoi servent des élections dans une démocratie moderne ? Elles sont la délégation de la volonté populaire souveraine à des représentants de celle-ci. Le principe de représentation est ancien, même si la souveraineté du peuple n’était pas la source ou la seule source de la légitimité de l’organe représentatif. Et même, quand cet organe l’a prétendu dans la pratique, il s’est parfois retourné contre le peuple. Je citerai deux modes de représentation qui éclairent notre réalité.

Le premier est celui des Etats généraux de l’ancien régime en France, composé de trois corps : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Ce qui nous intéresse ici, est la façon dont ces trois corps votaient. Ils le faisaient collectivement, c’est-à-dire, il n’y avait que trois voix, une par corps et non pas 1139 voix (en 1789), celle de chaque membre de ces corps.

Le second est celui des systèmes qui prétendaient incarner la volonté générale. Celui de la Terreur Jacobine, et plus tard de ses avatars, celui des partis idéologiques et des démocraties populaires. Dans ces cas-là, la représentation s’est transformée en substitution. Un parlement partisan ou un dirigeant avaient la prétention d’incarner la volonté générale et par ce fait, annuler la distance qui existe entre le peuple et ses représentants. C’est une perversion du principe de représentation, car sans cette distance, le peuple perd son pouvoir de contrôle et de sanctions.

Au Liban nous pratiquons un mélange de ces deux modes. Les communautés, soit votent comme les trois corps des Etats Généraux, soit les députés issus de partis idéologiques, de familles féodales, prétendent se substituer à leurs mandataires.

On comprend mieux ainsi pourquoi ces mêmes partis phagocytent tous les organismes élus, CGT, syndicats, ordre etc. Ainsi ils confisquent toute forme de représentation. Egalement, en cédant aux instances religieuses les questions de statut personnel et de moralité, ils réduisent encore plus le champ de liberté des citoyens qui se situe en dehors de la sphère politique. Ils font de nous des incapables.

Ce système existe depuis l’indépendance du Liban. Sauf qu’à partir des années 60, une vague de protestation s’est amplifiée pour le contester. La guerre civile a arrêté ce mouvement. Et depuis 1990, jusqu’au retrait de l’armée Syrienne, ce système s’est solidifié. Les gouvernants pratiquent à notre égard la politique de l’endiguement que Georges Kennan avait imaginée pour étouffer l’Union Soviétique.

Peu de libanais sont inconscients de ce fait. Mais les pratiques d’endiguement si bien rodé et l’absence de porteurs d’un système de remplacement, nous maintiennent dans cette dépendance aux maîtres. A cette soumission, chaque communauté, selon son habitus culturel qui la distingue, trouve un exutoire. Il ne faut pas pour les chiites, résumer leurs adhésions à la politique du Hezbollah comme uniquement une adhérence à son idéologie. Face à un quotidien pénible, ils se réfugient dans la sortie de l’histoire qui ne connait que deux moments, l’un figé, Karballa et l’autre hypothétique, la parousie du Mahdi. Cette suspension de l’histoire exige le sacrifice du temps vécu et le sacrifice de soi tout court. Pour d’autres, c’est la perpétuation du mode tribal et de la rébellion contre la loi commune, celle de l’état, insatisfaisante car injuste. Pour les sunnites, il existe plusieurs niveaux d’échappatoires qui peuvent se recouper. Celui de l’hédonisme par la consommation, l’appartenance à une arabité mythique qui transcende l’appartenance au système libanais. Et pour les plus désespérés la séduction de l’utopie du califat et du nihilisme suicidaire dans des batailles perdues d’avance et l’autodestruction des kamikazes. Chez les chrétiens, c’est également l’hédonisme par la consommation et l’exil intérieur pour les partisans de la séparation, ou l’exil extérieur pour ceux qui le peuvent.

Tout ce qui précède n’est peut-être qu’une gymnastique intellectuelle sans fondement. Comment évaluer alors ce que les libanais veulent vraiment ? Par les élections. Mais selon quelle mode de scrutin ?

Le scrutin uninominal à deux tours. Il entend autant de circonscription que de députés. En réduisant le nombre de votants par candidats, il permet aux candidats indépendants, sans grands moyens financiers, de mener une campagne et d’être les porteurs d’un changement du système. La campagne ne sera plus des slogans affichés sur des panneaux et débités par des porte-paroles, mais une confrontation, un face à face entre le candidat et les électeurs. On passe ainsi du seul discours au débat. Le candidat ne peut plus débiter des poncifs, mais devra argumenter et convaincre. L’électeur retrouve la parole, questionne, interpelle, évalue, demande des comptes pour les promesses non tenues. Il redevient sujet actif et non plus un individu asservi. Il recouvre son libre choix et retrouve sa dignité.

Si les électeurs après cela réinstallent les mêmes, c’est qu’ils le souhaitent. Je me permets d’en douter à la seule constatation qu’aucun parti n’a proposé ce mode de scrutin. Il est encore temps de militer pour ce mode de scrutin, les moyens de le faire sont nombreux. Que les sceptiques ravalent leur sarcasme, à l’ordre des ingénieurs (50000 adhérents) l’élection de Jad Tabet est le résultat d’un programme convaincant, d’un discours délivré directement aux électeurs, d’une campagne habile et d’un activisme batailleur. Les indécrottables incrédules, vont prétendre que le candidat indépendant a gagné grâce aux dissensions au sein de la coalition des partis. Mais se jouer de la compétition de ses adversaires, n’est-ce pas une des règles du jeu démocratique ?  Entre l’idéalisme béat et le cynisme, il y’a la politique, la vraie.

 

Amine Issa

09/04/2017

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26 mars 2017

Devant les salaires et les impôts, il y’a une grille à abattre.

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La raison principale pour laquelle le général Michel Aoun fût finalement élu, était la constatation de l’ensemble des partis, que la situation socio-économique du Liban avait atteint le point de rupture. Un président par défaut pour éviter un défaut de payement fatal.

Dans la même logique, l’augmentation des salaires des 200,000 fonctionnaires de l’État est devenue une nécessité, une tentative de relance par la demande, la consommation. L’arrêt des investissements, le creusement du déficit de la balance commerciale, la baisse de la production industrielle et agricole, l’état lamentable des infrastructures et des communications, pour les sociétés de services notament, paralysent notre économie et laminent le pouvoir d’achat des Libanais.

Au-delà de la justesse de la correction des salaires, se pose celle de son financement et de son efficience économique. Pour distribuer de la richesse, il faut d’abord la créer. L’État ne l’a pas fait. Les revenus de l’État, à travers la fiscalité et les taxes, n’ont pas augmenté. Corriger les inégalités par une augmentation des taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés et des hauts revenus, serait une voie. Mais elle ne sera pas empruntée. Pour deux raisons. La première est que, ceux qui seraient visés sont les mêmes, ou sont associés à ceux qui en voteraient l’augmentation. Une autre raison, technique elle, est que les secteurs qui produisent encore des marges ce sont réduits comme peau de chagrin. Restent évidemment les banques dont les bénéfices continuent à caracoler. Mais l’état se gardera bien de pressuriser ceux qui financent son déficit et encore une fois à cause de la porosité entre les conseils d’administration et le conseil des ministres.

Tout cela veut dire que ce que l’on donnera d’une main on le reprendra de l'autre, les nouvelles taxes et impôts vont être payés principalement par les Libanais des classes moyennes et pauvres.

Les Libanais ne sont pas dupes. Ils l’ont exprimé dans la rue.

Créer de la richesse est d’abord, une partie qui se joue à deux. Le secteur privé paye des impôts à l’état, qui sont redistribué sous forme de salaires, d’allocations, dans l’enseignement et la santé et investit dans les infrastructures, qui à leur tour permettent le développement du secteur privé. C’est un cercle vertueux, à condition d’avoir de la vertu ! Ensuite, un pays qui veut créer de la richesse doit exploiter ses capacités. Pour le faire, il a besoin de liberté, de droit et de stabilité. La liberté n’est pas seulement celle de la parole et de la circulation, mais aussi celle de choisir ses dirigeants et de les sanctionner. Le droit que la justice applique, devrait assuré l’égalité dans le traitement par une administration qui n’est pas corrompue et un système judiciaire aveugle. La stabilité se traduit par un fonctionnement régulier des institutions, qui comprend entre-autre l’alternance au gouvernement du pays, dans le respect des règles constitutionnelles. Nous n’avons ni cette liberté, ni ce droit, ni cette stabilité.

Au résultat, depuis la fin de la guerre en 1990, l’économie libanaise a connu une croissance sur des bases fragiles. L’investissement privé s’est surtout engagé, dans des projets à court terme qui ne crée pas suffisamment d’emplois stables et dans une économie de rentes et peu productrice. A savoir l’immobilier, le commerce et la consommation de biens importés et la souscription aux bons du trésor à des taux usuriers, qui permet de financer généreusement les capitaux entrants. Grâce à ceux-là, la balance des payements est positive. Mais ce n’est pas un signe de vitalité, car ses capitaux ne s’investissent que très peu dans l’économie réelle à long terme. La dépense publique a suivi la même direction. Les infrastructures sont défaillantes et l’administration composée de clients est hypertrophiée et inefficace.

Ceux qui pensent que nous sommes condamnés se trompent. Une classe d’investisseurs et d’entrepreneurs en apporte la preuve empirique. Dans l’industrie et l’agriculture et surtout les services, celle notamment des nouvelles technologies, des produits à hautes valeurs ajoutés sont proposés sur le marché libanais et surtout sont exportés, sans difficulté à leurs entrées sur les marchés extérieurs. Les émigrés libanais moyennement et hautement qualifiés sont également « exportés ». Leur contribution au PIB est de l’ordre de 25%. 

Peut-on renverser le courant ? Oui à condition de retrouver notre liberté de choisir et sanctionner nos gouvernants. Est-ce possible ? Suite à la manifestation de dimanche le spectacle des ministres et députés se renvoyant la patate chaude, était édifiant. Chaque parti clamant son innocence et accusant l’autre d’être à l’origine de telle ou telle taxe. D’autres se sont carrément opposés à tout impôts ou ont suspendu leurs participations aux séances parlementaires. A les croire, ces impôts ont été discutés et proposés par des martiens. Au résultat, Le projet est aujourd’hui suspendu

Comme pour le scandale des déchets, celui de l’Eden Rock et maintenant les impôts, la pression d’une rue indifférenciée, inclassable politiquement et communautairement, aussi insuffisants que soit ses accomplissements, suggère deux constatations. La première est que cette pression peut ébranler l’édifice. La deuxième est que les Libanais ne sont pas résignés. Ce qu’il faut c’est un suivi modulé de la protestation. Cela n’est pas impossible.

Amine Issa

26/03/2017

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12 mars 2017

France : mesquinerie, utopie et froideur

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Dès le 30 janvier, quand suite à sa convocation par les enquêteurs, François Fillion admît avoir employé et rémunéré sa femme sur le budget de l’état, son camp aurait dû se prononcer clairement. Les vases communicants entre la fonction publique et les proches, ne sont pas inédits en France. C’est bien pour cela qu’on parle de baronnie. Jusqu’à un certain degré ils sont tolérés et largement pratiqués, du moment qu’ils ne représentent pas un vol caractérisé. Reste le principe, au-delà des imprécisions de la loi. Ou l’on s’y tient sans concession ou l’on admet les accommodements. Or, on a assisté à une avalanche de contorsions sémantiques de la part des amis de François Fillion, qui ont révélé leurs petitesses. Au lieu d’avoir une position franche, ils ont, les yeux rivés sur les législatives et leurs fiefs, suspendu leurs positions finales aux frémissements des sondages. Quand ils ont jugé que le candidat des Républicains s’installait durablement en troisième position du premier tour, les défections se sont multipliées, évoquant les assauts insupportables des consciences. Belle leçon de constance et également d’idiotie politique. Elle estropie le candidat le plus répondant aux angoisses identitaires et sécuritaires des Français, sans la démagogie du Front National. Ailleurs, l’angélisme sur ces questions, et la course Hamon-Mélenchon, à qui offrira le programme de dépenses publiques le plus irrationnel, réduisent la gauche au rôle de brailleur décalé.

Le duel en tête est pour le moment ailleurs. D’abord, Marine Le Pen, dont la candidature n’est pas une anomalie. L’extrême droite a toujours existé en France. Elle a connu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale son plus fort étiage, au vif souvenir des horreurs du fascisme. Mais le temps est l’ennemi de la mémoire, surtout quand il a pour allié un ébranlement de toutes les certitudes et des repères. Ceux-là sont perturbés par le terrorisme islamique, la crise économique et les flux migratoires. Face à la mondialisation, l’élite politique fonctionnarisée, dans l’hexagone et à Bruxelles, à démissionner de son rôle d’accompagnement réflexif de cette révolution. Si bien que, les dysfonctionnements de celle-ci, parce qu’ignorés, en ont gravement entamé les accomplissements. Ainsi, Marine Le Pen a beau jeu de vendre des assurances, mêmes toxiques.

Reste, l’inclassable Emmanuel Macron. Je lui donne ce qualificatif parce qu’en Occident, le clivage gauche-droite reste un moyen de se positionner quand le sol bouge, alors que cette polarisation n’a plus le sens tranché et explicatif d’autrefois. Le capitalisme sauvage et l’utopie communiste, même s’ils ont encore des partisans, sont également condamnés et dénoncés. L’un pour son injustice, l’autre pour son irréalisme. C’est aussi vrai pour leurs déclinaisons moins tranchées, le libéralisme et le socialisme, et désormais inopérants. C’est à cette intersection, ou l’entrepreneuriat et la réussite ne sont plus l’antinomie de la solidarité, que se tient Emmanuelle Macron. Si cette formule est celle de l’avenir, il ne la présente que de façon mathématique. Le candidat d’« En marche ! » ne fait pas rêver et je ne sais même pas s’il est conscient de la part de rêve que doit comporter son programme, comme tout autre. Un rêve qui doit s’adosser nécessairement sur des valeurs communes qui créent le lien social.

Si mon constat est vrai, c’est un lapin qui sortira des urnes. Attendons, et oublions les sondages.      

 

Amine Issa

12/03/2017  

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26 février 2017

Israël dans le Livre

Naftali Bennett, leader du parti national-religieux

Le peuple juif est resté sans patrie pendant deux mille ans. Assimilation incomplète, intégration imparfaite, ostracisé, signalé à la vindicte par le chapeau pointu ou l’étoile jaune, oblation propitiatoire, expulsé, juif errant maudit, jusqu’au seuil de l’annihilation au vingtième siècle. Heinrich Heine dira des juifs qu’ils ont habité non pas un pays, mais un livre, une « patrie portative ». Si comme les chrétiens et les musulmans se sont les gens du Livre, ils n’ont eu, eux, que le Livre. L’on comprend mieux ainsi Beni Levy quand il écrit « Dans le judaïsme, il ne vous est pas demandé de croire, mais de réaliser le mode de vie de la Thora ». On comprend ainsi les centaines de milliers de juifs israéliens dans les Yeshivas, qui consacrent leurs vies à l’étude de la Thora et du Talmud. Littéralistes tatillons qui abhorrent tout contrevenant à la Loi. Mais est-ce que les séculiers qui n’habitent plus le Livre, habitent-ils une nation, Israël ? On l’a pensé à l’époque du romantisme sioniste, qui, dans une même utopie a fondu une communauté religieuse dans un état moderne démocratique et socialiste. Le creuset le plus symbolique de cette nouvelle identité étant le Kibboutz, qui devait réaliser la déclaration d’indépendance dans son article qui stipule « l’égalité sociale et politique entière entre tous les citoyens sans distinction de religion, de race et de sexe ».  Qu’en reste-t-il ?

Je ne reviendrais pas sur la légitimité de la création de l’état d’Israël, c’est un fait historique, comme tant d’autres, qui est entaché d’une injustice faite à un autre peuple, ici les Arabes de la Palestine. Sauf que contrairement aux Indiens d’Amérique du Nord et du Sud et ailleurs, cette injustice n’est pas reconnue, ni réparée et se pratique encore au quotidien pour plusieurs millions de Palestiniens à Gaza en Cisjordanie et dans la diaspora. Or, plus rien ne la justifie. Depuis que les pays arabes lors de quatre guerres ont échoué lamentablement, du haut de leur humanisme, à « rejeter les juifs à la mer  », ils ont admis officiellement ou officieusement l’existence d’Israël. Reste le Hezbollah et le Hamas, qui, s’ils sont une menace, elle n’est pas existentielle et est la conséquence autant, d’une oumma fantasmée pour les deux, que de l’invasion du Liban et du blocus de Gaza.

Une nation, qui au vu du droit international soumet illégalement un peuple et son territoire, ne peut prétendre à l’adjectif de moderne. Israël n’est pas le seul pays, dans ce cas, loin de là. Mais c’est alors le retour à des formes de gouvernance prémoderne, ou la stratification identitaire et statuaire se déploie sur des modes raciaux, religieux, confessionnels, ethniques, tribaux, territoriaux, culturels, héréditaires, etc…

Dans le cas particulier d’Israël, les lignes de fractures sont multiples. Il y a d’abord le niveau territorial et confessionnel. Non pas le territoire de la Terre Sainte, car la distance temporelle avec le royaume d’Israël et de Judée le classe dans l’ordre du mythe immatériel. Je parle des différents territoires d’Europe du Nord, du Sud et du proche et Moyen-Orient dont sont issus les juifs d’Israël, qui coïncident avec les traditions confessionnelles des Sépharades, des Ashkénazes et des Mizrahis. Il y a également le niveau socioculturel qui oppose ceux qui viennent de la dictature soviétique à ceux qui ont vécu dans les démocraties occidentales. Enfin, la différenciation ethnico-raciale qui distingue les juifs éthiopiens et indiens.

Les héritiers des premiers sionistes, venus d’occidents, sont aujourd’hui, au mieux, à l’image de Benyamin Netanyahu, que la soif du pouvoir et le compte en banque fascinent au point de trouver son alter ego dans un Donald Trump qui s’acharne à rétrograder la première et la plus grande démocratie. Au pire, ce sont les colons et leurs porte-paroles, du parti national-religieux.  Ceux qui ont échappé à cette dérive, ont une représentation politique réduite, dont le Haaretz porte le combat et sont relayés aux États-Unis par les juifs libéraux, qui ont très bien compris, et l’expriment, le danger que représente pour Israël, l’amour immodéré que lui porte le nouveau président américain, dont les deux principaux conseillers Steve Bannon et Sebastian Gorka sont notoirement anti-sémite .

Je voudrais parler du second groupe, les nationaux-religieux et les colons, dont le Premier ministre est l’otage. Comment en est-il arrivé là ? Je fais appel à une comparaison avec Anouar El Sadate. Celui-ci pour contrecarrer la gauche égyptienne et les héritiers du nassérisme, à autoriser les Frères musulmans à reprendre leurs prédications, et leur maillage de la société, afin de dénoncer les gauchistes athées. Anouar El Sadate s’affubla lui-même du titre de « président croyant ». Les islamistes finiront par l’assassiner. Benyamin Netanyahu, pour ne pas s’aliéner à la gauche et au centriste israélien, a préféré gouverner avec l’extrême droite religieuse. Ceux-là n’ont pas besoin de l’assassiner, puisqu’il cède à la majorité de leurs revendications.

Les colons, sous le regard indifférent de l’armée, ne se contentent pas d’occuper des terres palestiniennes, ils s’évertuent d’en arracher systématiquement les oliviers parfois centenaires. Ils veulent effacer une mémoire, eux qui ont tant souffert de l’oubli de leur calvaire ; la victime qui devient bourreau. Les nationaux-religieux, dans l’intitulé de leur nom, annoncent une contradiction insoutenable. Il revendique la terre d’Israël, au nom de la promesse biblique, pour bâtir leur nation. L’on pourrait avancer que la France même laïque est une terre de culture chrétienne, comme la Chine de culture bouddhiste ou la Russie de religion chrétienne. Mais dans ces cas et d’autres, il y a eu une continuité historique dans la correspondance entre une terre et une religion, ce qui n’est pas le cas d’Israël. Les nationaux-religieux sont libres de penser que la promesse biblique est intemporelle. Mais cela ne relève-t-il pas de l’utopie politique ? Théodore Herzel le fondateur du sionisme l’avait compris et son premier choix pour le foyer national juif n’était pas la Palestine. Il a fallu la chute de l’Empire Ottoman, les intérêts géostratégiques de l’Angleterre et l’horreur de la Shoah, pour que se concrétise la création de l’état d’Israël. Les premiers sionistes, les fondateurs du jeune état avaient également compris qu’on ne fondrait pas une nation viable sur un mythe. La promesse biblique et la dimension religieuse n’étaient pas à leurs yeux le seul ciment de la nouvelle nation, mais bien la construction d’un état démocratique, moderne et plural. Moshé Dayan, le héros de la guerre des Six Jours, lors de la prise de Jérusalem, réagissait à l’enthousiasme d’un de ses généraux en disant « Pourquoi aurions-nous besoin d’un tel Vatican ? ».

Aujourd’hui le véritable danger pour Israël grandit en son sein. Ce sont ses dirigeants qui rouvrent le Livre pour un troisième exil. 

 

Amine Issa

26/02/2017

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12 février 2017

الانتخاب قدرة لا قدر

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الجعجعة السياسية حول قانون الانتخاب لا توصف إلا بالرداءة الأخلاقية اتجاه ‘‘صحة التمثيل‘‘. فهمّ المواطن غائب منذ البداية عن أولويات شتّى القوانين. الأكثرية والنسبية، تقسيم الدوائر، خلطها وإعادة فرزها، قائمة على مقياس واحد، تثبيت وتوسيع، أو تضييق زعامة حزبية-طائفية أو شخصية

فالانتخابات هي محطة أولى مختصرة، تنقل السلطة من الشعب الى امناء لإدارة البلد. اصبحت الانتخابات هي الشغل الشاغل للسياسيين واختصرت الادارة على سد الثغرات بالتي هي أحسن لمنع انهيار الدولة والبلد. فالصيغ المطروحة مسوّقة بحجة تحصيل حقوق الطائفة، ومنع الإقصاء، على وتر التخويف من الأخر. فاقتصر عليهم حديث الصالونات الراقية حول كاس من ‘‘السنغل مولت"، وللملتزمين شراب الأناناس. وأيضا حول الوجاق بين البطاطا المشوية وكباية الشاي. فضاع الهمّ الحقيقي وصوت الشعب وبقيت الأوهام

لا يوجد شيء اسمه حق الطائفة، يتقدم على حق المواطن. فهما من طبيعتان مختلفتان. الطائفة هي شخصية معنوية يملكها اصحاب الرساميل السياسية ولا توزع أرباحها على المواطنين إلاّ من باب منع الغرق وبالتمنين. أما المواطن فهو شخصية إنسانية وجسدية. فحقه هو في التعليم، الأمن، الشيخوخة، الخ. فالمرض لا يميز بين طائفة وأخرى. فكما قال الإمام المغيب موسى الصدر: " لا مذهب للحرمان “. فلإزالته وعودة السياسة الى إدارة البلد وقطع الطريق على غوغائية حق الطائفة، لا بد للمواطن أن يختار حراً، مقتنعاً، وليس من باب التسليم للأمر الواقع ولا حول ولا قوة إلا بالله. فالله خلقنا أحرار

هذا الخيار يستعاد فقط من خلال الدائرة الفردية الصغرى على دورتين. حيث يكون المرشح مناقشاً وجهاً لوجه مع الناخبين. فتصبح الدعاية الانتخابية وترويج البرامج عبر لقاءات مباشرة وليس عبر وسائل الإعلام. سيرغم المرشح ان يقتنع ويقنع بما يقوله على حد سواء، ولا يكتفي بشعارات وخطوط عريضة مبهمة يرددها المتحدثين. فاللقاء مع الناخبين يفتح باب النقاش والسؤال عن برنامج المرشح ويطرح عليه أفكار. مما سيردع المرشحين عن الوعود المستحيلة، التي يبرروا عدم الالتزام بها ببيانات غير مسمات تلقي اللوم على الشياطين، ليعود صوت الناخب القدرة وليس القدر

لكن للدائرة الفردية المصغرة شائبتان. الأولى، تشترك بها مع كافة الصيغ المطروحة ألا وهي، استفحال المال السياسي، شراءً للأصوات وفي الدعاية الانتخابية. لذا يجب أولاً تجريم وبقساوة، شاري وبائع الصوت من جهة، وتحديد سقف النفقات الانتخابية وتمويل قسم منها من قبل الدولة عملاً بمساواة الفرص من جهة أخرى. وأما الشائبة الثانية فتكمن في الوصول إلى الندوة البرلمانية لزعماء تقليديين لا علاقة لهم بالشأن العام. وأمام هذه المعضلة تبقى رغبة اللبنانيين في التغيير الحل الوحيد، مهما كانت الصيغة المقررة

فمن الواضح أن الأحزاب والطوائف لم ولن تبادر من تلقاء نفسها على طرح قانون الدائرة الفردية الصغرى، ولا اللبنانيون مستعدون لخوض حرب شوارع من أجلها. لكن سبل الضغط السلمي، الديمقراطي والدستوري متعددة. ومنها للتعداد وليس للحصر، التوقيع بعشرات الآلاف على عريضة مطالبة بهذا القانون وتقديمها إلى نواب الأمة. ليرفضوا الاقتراح وليعلم اللبنانيين ما يضمر لهم. ومن بعدها خطوات تالية حتى سقوط حائط الاستئثار بإرادتنا وحريتنا. وإلا، لا حرج ولا عتاب على ملوك الطوائف

امين عيسى

 

21/2/2017

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29 janvier 2017

Pétrole, ceux qui baisseront les bras ne le mérite pas.

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L’état a finalement décidé d’exploiter nos gisements de pétrole. Des experts ont déjà relevé les failles des décrets ministériels qui en organisent l’extraction. Pourquoi une société nationale du pétrole et un fond souverain n’ont-ils pas été institués, et bien d’autres observations légitimes.

Il ne faut pas s’attendre d’un système politique où il n’y a plus d’opposition qui puisse effectivement dénoncer les mauvaises pratiques, qu’il sanctuarise nos droits. Encore faut-il qu’elle n’est jamais existé quand il s’agissait de se partager nos ressources.

Il faut impérativement obtenir la création d’un organisme de contrôle incorruptible sur l’ensemble des étapes du processus d’exploitation. Cet organisme saura sous-traiter les aspects techniques et choisir les sociétés appelées à participer aux opérations d’extractions. Il y’ a au Liban des femmes et des hommes qui n’ont que le souci du bien public, ceux qui disent le contraire sont soit défaitistes soit suspects de complaisance ; dans les deux cas nuisibles.

L’état ne doit pas seulement partager une partie des bénéfices du processus de forages des puits, de stockage et de commercialisation, mais investir lui-même dans certaines des infrastructures nécessaires. Il obtiendrait ainsi une plus grande part des profits. L’argument avancé par les autorités pour ne pas le faire est que le Liban n’en a pas les moyens. C’est faux. Nous pouvons malgré l’énormité de notre dette emprunter encore sur le marché mondial, au moment où les taux sont encore très bas. La seule condition est d’attacher cette créance, son utilisation et son remboursement au seul revenu du pétrole, c’est-à-dire ne pas la fondre dans la masse indistincte de la dette publique.

Il faut également que les sommes dégagées soient largement utilisées pour effacer la dette du Liban. Actuellement, le budget de l’état est divisé en deux parties, une pour payer les salaires et frais de fonctionnement, l’autre pour le service de la dette. De ce fait, le poste dépense « investissement et développement » est totalement inexistant. En réduisant la dette, son service le serait également. Un excédent se dégagerait et celui-ci qui devrait être alloué au poste « investissement et développement ».

L’autre façon de dépenser l’argent issu de la vente du pétrole est de l’investir dans des projets directement sans passer par le budget.

La différence semble être une simple variante comptable de l’allocation de ces nouveaux revenus. Pourtant il n’en est rien. Les recettes du budget sont principalement les impôts et les taxes que paye le citoyen. S’ils ne sont plus alloués au service de la dette, celui-ci sera plus incité à savoir qu’elle en est l’utilisation. Il sera plus engagé à réclamer un meilleur contrôle des dépenses, à refuser qu’elles soient affectées à des projets improductifs et sans intérêts social ou économique. Si à l’inverse les revenus du pétrole sont directement investis dans des projets, il sera moins stimulé à en exiger la gestion transparente. La différence est celle entre un salaire obtenu par le travail et celui gagné à la loterie. On est toujours moins regardant dans le second cas.

Les incrédules diront que dans les deux hypothèses, le résultat sera le même. Les gardiens de la bourse de l’état sauront toujours la délié la nuit pour s’y servir grassement. Les incrédules n’ont jamais fait avancer le monde. On a souvent vu du pétrole jaillir là où on l’attendait pas, mais on n’a jamais vu des politiciens véreux se repentir, et il faut les confronter sans relâcher par tous les moyens disponibles.

Je le disais il n’y avait plu de véritable parti d’opposition, ou peut-être quelques déçus du nombre de barils qu’on leur a adjugés. Dresser des potences n’est ni dans les moyens ni l’humeur des Libanais. Alors, qu’un collectif de Libanais se forme, experts en hydrocarbure, juristes, politologues et journalistes. Qu’ils aillent au feu, dénonçant les malfaisances et proposent les solutions justes. Reste la mobilisation dans la rue pour maintenir sous tension permanente le sérail et ses occupants. Comment s’y prendre ? Rappeler aux citoyens qu’à défaut de boucler leur fin de moi, c’est leurs ceintures qu’ils serrent et que des dizaines de milliards de dollars qui leur reviennent risquent de leur échapper. Qu’une couverture santé universelle et de qualité est à portée de main, que l’enseignement gratuit n’est plus une utopie, que l’électricité ne sera plus un luxe et surtout que la pauvreté n’a pas de confession.

S’ils ne le font pas, je serais de ceux qui iront féliciter le premier des ministres ou députés qui inaugurera une nouvelle villa. Mais il y’a très peu de chance que je sois convié à la pendaison de la crémaillère, ce sera plus tôt à la mienne qu’on m’invitera.   

Amine Issa

29/01/2017

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